Génération Lumière

BIBLIOGRAPHIE

Un nouveau droit pour la Terre – Livre – Valérie Cabanes

Extrait du livre: « Peuples et sociétés sont dépossédés de leurs moyens d’existence à travers le monde par la destruction de leur environnement. Face à cet écocide, comment repenser les droits de l’homme ? L’écocide (fait de détruire la « maison Terre ») n’est pas un crime de plus, s’ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains. Il est désormais le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d’habitabilité de la Terre. D’ores et déjà, les dérèglements en cours attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que les saccageurs de la planète restent impunis. Aussi est-il urgent de revendiquer de nouvelles formes de responsabilité et de solidarité. Le droit international doit se métamorphoser et s’universaliser autour d’une nouvelle valeur pivot, l’écosystème Terre, en reconnaissant un cinquième crime international, le « crime d’écocide ».

Voice of nature : The trial – théâtre et justice réparatrice – Article – Mairine Calmet

Congo une Histoire – Livre – David Van Reybrouck

Ce livre permet de comprendre l’Histoire qui lie la République Démocratique du Congo et le Monde.

La RDC, du Caoutchouc au coltan et cobalt:
Depuis sa création à la conférence de Berlin en 1885, la République Démocratique du Congo n’a jamais connu la paix, à cause de richesses qu’il possède et qui ont souvent servi à la guerre. Le grand malheur de ce pays est de posséder des richesses qui correspondent aux besoins du moment et sont donc convoitées par le monde entier. Avant d’être une colonie belge (période de 1885 à 1908), le Congo a été un « Etat indépendant », appartenant au seul roi Belge, Léopold II . Cet État ne servait en réalité qu’à exploiter les populations pour récolter du caoutchouc afin de satisfaire l’industrie de l’époque. On estime à 10 millions le nombre de congolais tués pour obtenir du caoutchouc et de l’ivoire…

La colonisation et les minerais:
En 1908, Léopold II cède à l’Etat Belge le Congo qui devient ainsi une colonie officielle du pays (non plus d’un seul homme). On découvre que cet immense territoire regorge de ressources, notamment d’or, de pierres précieuses (diamants), de cuivre, fer et d’Uranium. L’uranium du Congo sera d’ailleurs utilisé dans les bombes nucléaires qui ont frappé Nagasaki et Hiroshima. Le cuivre, lui, servira dans la guerre de Vietnam plus tard pour les douilles de balles.

De l’indépendance à la « première guerre » du Congo (1960-1997):
Grâce à Patrice Lumumba, le Congo accède à son indépendance. Quelques mois plus tard, le pays se déchire. La plus riche des provinces, le Katanga, soutenue et incitée par les multinationales occidentales se lance dans une guerre de sécession. Lumumba est assassiné en 1961 et le Katanga réuni au Congo trois ans plus tard. Le Congo est ensuite dirigé par Mobutu qui renomme le pays Zaïre, et reste au pouvoir pendant 32 ans. En 1997 Laurent Désiré Kabila soutenu par ses alliés du Rwanda et de l’Ouganda chasse Mobutu du pouvoir. C’est la première guerre du Congo (1997-1998). Dès 1998, la deuxième guerre du Congo, aussi connue comme « la première guerre mondiale africaine » a commencé, impliquant jusqu’à plus de neufs pays. Les amis d’hier sont devenus les pires ennemis. Là encore les ressources minérales de la RDC étaient en cause : le monde avait désormais besoin du coltan et du cobalt pour l’économie électronique. Certaines multinationales n’hésitent pas à signer des contrats d’exploitation de mines avec des groupes armés non réguliers. Entre-temps le voisin Rwandais devient le premier exportateur du Coltan au monde, alors qu’il en dispose de bien moindre quantité que la RDC, et l’Ouganda exporte de l’or au-delà de sa capacité de production. L’assassinat de Kabila en 2001 n’apaise pas la situation, bien au contraire. Par convention, on dit que cette guerre prit fin en 2003… alors qu’aujourd’hui encore on compte pas moins de 100 groupes armées dans l’est de la RDC et on estime qu’entre 1998 et 2014 les combats ont fait 6 millions de morts et plus de 4 millions de déracinés, sans oublier les très nombreux viols, pratiqués comme une arme de destruction massive à bas coût aussi bien par les bandes armées que par les soldats réguliers (FARDC). Ces drames ont un point commun : la satisfaction de la demande d’industries capitalistes occidentales. C’était vrai à l’époque du caoutchouc, c’est encore vrai aujourd’hui avec le coltan et le cobalt.

Une écologie décoloniale , penser l’écologie depuis le monde caribéen – Livre – Malcom Ferdinand

Dans cet ouvrage , l’auteur met en évidence une « double fracture » que souvent on constate lorsqu’on veut mêler une lutte anticoloniale et écologiste . Il explique cette double fracture comme une séparation des idées décoloniales et environnementalistes. Ces deux mouvements sont pourtant critiques du même système : la modernité . Au fond ce qu’explique Malcom Ferdinand , c’est le fait que le mouvement écologiste occidental a mis de côté l’histoire décoloniale de la modernité , en particulier l’esclavage . Pour appuyer ce propos , il analyse les « cadres », les références à partir desquels la pensée écologiste se déploie. Notamment l’expérience du philosophe Henry Thoreau dans « Walden ». Un homme occidental , libre ayant une expérience asocial de la nature , dans une nature prétendument vierge . La conséquence de cela est : l’incapacité de prendre en compte et de rendre des comptes d’une grande majorité de la population mondiale du discours écologiste. Notamment à travers le vocabulaire qui, dans ses termes, exclut les autres. Prenons l’exemple de l’Anthropocène (que l’auteur oppose à la « négrocène ») ou de la théorie de l’effondrement. Ce sont des termes qui, de fait, rendent toute la Terre responsable du réchauffement climatique. En effet, par cette homogénéisation, on masque les différents rapports de pouvoirs, les différentes inégalités ; les injustices qui constituent ces destructions. Ce qui rend le « nous » du discours environnementaliste abstrait pour une grande majorités des personnes, (notamment ceux qui sont du côté des colonisés) et dans le même temps permet de maintenir un silence sur ces injustices.